En résidence du 10 au 21 juin 2013

Avec ce nouveau projet intitulé Air, initié à l'occasion d'une résidence au Centre Chorégraphique National de Montpellier, Vincent Dupont poursuit ses explorations entre la matière sonore et le mouvement. Concevant cette pièce comme une chorégraphie pour deux corps sonores dialoguant avec un quatuor de chanteurs, Vincent Dupont installe le public entre les chanteurs (derrière lui) et les danseurs, à l'endroit exact du dialogue.

« Air est fortement inspiré par un film court de Jean Rouch Les tambours d'avant, où le cinéaste ethnologue venu filmer dans un village du Niger un rituel de possession qui tarde à venir, déclenche sa caméra pour un dernier plan séquence. Les tambours s’arrêtent, il continue à filmer et là, devant le village rassemblé, une vieille femme enveloppée dans une couverture, commence une danse de possession. 
C'est le moment qu'il choisit pour débuter un travelling arrière et nous laisser imaginer cette danse. 
J'ai imaginé la danse de cette femme face à ce village rassemblé et l'enjeu qui la porte à cet instant, au-delà de son âge, à révéler quelque chose de fondamental avec son corps et sa voix. 
Air cherche peut-être à savoir où se joue pour nous, aujourd'hui, cette transe engendrée par le regard des autres, des nôtres, et de quel ordre pourrait être son message » Vincent Dupont

— Vincent Dupont
Il mène un travail à la croisée de plusieurs médiums (chorégraphies, installations, performances) qui déplace les définitions attendues de l'art chorégraphique. Ses pièces se posent toujours comme expériences, questions adressées à la perception du spectateur. Initialement comédien, il débute la danse avec les chorégraphes Thierry Thieu-Niang et Georges Appaix avant de travailler comme interprète pour Boris Charmatz. 
En 2001, il signe sa première chorégraphie, Jachères improvisations, inspirée d’une photo d’une installation du plasticien Stan Douglas. Dès lors, il mène son propre travail tout en continuant à participer aux travaux d’autres artistes.
En 2005, il crée Hauts Cris (miniature) qui lui permet d’inscrire le corps comme catalyseur de l’espace et du son pour révéler un état intérieur lié au cri. Par la suite, il signe différentes pièces comme Incantus, Souffles puis Bine, installation performance dans laquelle il confronte le mouvement à l’univers poétique de Charles Pennequin.