En résidence "Matières premières" du 3 au 10 octobre 2013

Vous êtes née au Brésil en 1982. 
Quel a été votre itinéraire jusqu’à l’agglomération Lyonnaise aujourd’hui ?
J’ai en effet vécu au Brésil, à Sao Paulo, jusqu’en 1998. C’est là que j’ai découvert et aimé la scène, en participant aux pièces de danse-théâtre de mes parents. À 16 ans, je suis venue en France pour une année, je suis finalement restée plus longtemps ! Après m’être formée à Lyon, Paris et Bruxelles, à l’école PARTS d’Anne Teresa De Keersmaeker, j’ai été interprète, auprès de Wim Vandekeybus et Jordi Galí notamment, avant de rejoindre la compagnie Maguy Marin où j’ai été permanente de 2005 à 2012.

C’est suite au départ de Maguy Marin que vous décidez de vous affirmer comme auteure ?
J’ai en effet profité du départ de Maguy Marin pour bifurquer et me lancer de nouveaux défis. C’était un peu comme quitter un grand bateau pour prendre une barque et ramer toute seule ou plutôt avec quelques compagnons. D’un coup, il fallait tout gérer, chercher de l’aide, construire par soi-même. Ce changement de cap génère de nouvelles libertés mais implique aussi de nouvelles responsabilités.

Quel est l’objet de Blanc, la pièce dont vous poursuivez la création pendant votre résidence au CCNR ?
J’ai éprouvé le désir de travailler sur la transformation, la transe, peut-être en écho à la période de transition que je traversais. Très vite et presque malgré moi, des inspirations liées à mes racines, au Brésil, ont marqué le processus de création. 
J’ai orienté mes recherches vers les rituels chamaniques, des flux d’énergie dynamiques susceptibles de nous libérer de la linéarité rationnelle. J’ai ainsi redécouvert un artiste brésilien « tropicaliste » Hélio Oiticica, qui créait des vêtements, tissus et matières, que les visiteurs de son exposition devaient porter et mettre en mouvement pour qu’advienne l’oeuvre.
Je travaille beaucoup, pour Blanc, sur l’idée de peaux, de couches et de vêtements dont on se couvre ou que l’on enlève, pour actionner des imaginaires et produire des espèces d’hallucinations, de vertiges. 
Blanc est un solo sur la multitude des états, des forces et des possibles que nous portons dans nos corps.



Programme Matières premières au CCNR
en savoir +