2020
16 septembre - Générale
Du 17 au 27 septembre - Représentations - Ballet de l'Opéra de Lyon 

TERRONE
Commande de l'Opéra de Lyon
Solo pour Marco Merenda dans le cadre de Danser Encore

Danser encore, c’est non pas prétendre effacer ce qui s’établit entre nous, mais donner de nouveau à cette séparation l’intensité d’un désir, le sens d’un rapprochement …. voici la proposition de Julie Guibert, directrice du Ballet de l’Opéra de Lyon pour cette rentrée automnale. Yuval Pick, directeur du Centre Chorégraphique National de Rilleux-la- Pape y répond en abordant l’importance de la mémoire collective et individuelle dans l’élaboration du geste dansé pour l’interprète ; « boite à couture » des émotions, la mémoire s’envisage en effet tour à tour comme ressource ou contrainte à la composition du geste.   

A partir d’une mémoire autobiographique, celle de Marco Merenda, Yuval Pick excave des souvenirs du sud de l’Italie, découd les trames païennes du Carnevale di Tricarico, réactualise les rythmes de la pizzica et détermine comment le corps dansant extériorise et exprime des émotions emmagasinées par la mémoire. Dès lors que l’individu fait partie d’un corps social, qu’il interagit avec un collectif, toujours présent, même invisible, la mémoire individuelle relève également d’un fait social ; il n'y a pas de mémoire possible en dehors des « cadres dont les hommes vivant en société se servent pour fixer et retrouver leurs souvenirs » (HALBWACHS M., Les cadres sociaux de la mémoire, Paris, Albin Michel, 1994 (1925)). Si la mémoire trouve à s’exprimer dans des  « cadres sociaux », les individus prennent toutefois une part active à la reconstruction de ces souvenirs ; elle s’envisage alors comme une construction sociale.   S’entremêlent ici non seulement les mémoires d’un interprète, du chorégraphe Yuval Pick, mais encore des spectateurs qui participent d’une expérience collective dont les formes, les émotions se recomposent sur scène.