En résidence du au

everything is temporary

Cinq interprètes, trois danseurs et deux musiciens pour explorer et interroger notre perception du temps. C’est cette relation à la temporalité qui va m’intéresser dans le processus de création. À la fois au sens chorégraphique, je veux travailler sur différentes notions rythmiques du mouvement à travers un large panel de distorsions temporelles. Puis également au sens dramaturgique, je veux inscrire cette réflexion sur le temps : « tout est temporaire ». Confronter ce simple aphorisme, autant au spectateur qu’aux interprètes, le rendre perceptible selon sa sensibilité propre. Il est pour moi, comme un set de poupées russes, que l’on peut arrêter à chaque instant.

Comme cadre dramaturgique, everything is temporary s’empare d’un contexte commun limité comme contrainte temporelle : explorer le thème de la nuit. Travailler sur notre rapport au temps dans cet univers nocturne, questionner notre perception de cet instant particulier, éphémère. Observer les diverses transformations de nos relations et de notre comportement, dans l’intimité ou en société. Cet environnement dans lequel « l’ambitus » de nos émotions semble décuplé. J’imagine cette pièce comme une longue traversée nocturne à la fois collective et personnelle.

La chorégraphie s’imagine autour du développement et l’évolution d’un cut-up physique pour tous les interprètes : mouvements décomposés, saccadés, accélérés, slow motions, immobilités… Créer une danse proche d’un langage cinématographique et faire évoluer ces outils au sein du groupe. Construire cette danse à partir d’actions et intentions quotidiennes concrètes, puis les contraindre avec un jeu rythmique. Les distordre, les déstructurer pour faire apparaître de nouvelles combinaisons. Je veux rechercher une danse énergique et impulsive.