loom
Le processus de création de loom a suivi un cheminement particulier. Yuval Pick a construit la danse comme une partition de mouvement possédant son propre rythme. Ensuite il a inséré la musique de Nico Muhly comme une loupe qui révélerait des détails et des espaces précis. La structure musicale agit comme un déclencheur de la recherche de la musicalité du mouvement.
Au cours du travail de création, la partition de Nico Muhly est tour à tour intégrée au processus, puis à certains moments délaissée. Émergent du silence, la musique se superpose à la chorégraphie pour créer un dialogue basé sur un principe de rebond.   

Yuval Pick a recherché un mouvement axé sur le centre du corps. Il a choisi comme point de départ les ondulations traversant le corps du danseur de l’extrémité d’un bras à l’autre, propres à l’electric boogaloo. Puis il en a effacé les ondulations des bras. Les actions périphériques sont écartées au profit de la recherche d’un moteur interne du mouvement ancré dans le torse et le bassin. La pièce se structure à partir de cette volonté de dévoilement et d’une dynamique qui s’apparente à la respiration humaine, alternant inspirations et expirations. C’est le rythme du mouvement qui structure la forme de la pièce et expose la musicalité du corps.   

Yuval Pick traite l’espace qui sépare les interprètes comme une donnée dynamique. Les corps, les présences et l’intention qui traverse le mouvement, contribuent à générer un espace élastique d’une matérialité presque palpable pour le spectateur. L’intervalle entre les interprètes est électrifié par le mouvement, avant d’être utilisée comme un appui qui permette de porter une torsion à l’ensemble de la scène.   

Comme souvent, la question des interprètes est fondamentale pour Yuval Pick. Julie Charbonnier et Madoka Kobayashi sont devenues les deux principales dépositaires féminines de sa philosophie du mouvement et accompagnent son parcours d’auteur chorégraphique. L’intensité de leur incarnation permet à Yuval Pick d’approfondir sa quête d’un geste artistique généreux et libre de toute concession. 

eddies
eddies est d’abord affaire de rencontre entre un chorégraphe et un compositeur qui conçoivent leur matériau respectif comme une substance concrète et ondulatoire.  Ici, le son et la musique se propagent et se diffractent, se frôlent et se confrontent.  
Les quatre interprètes virtuoses prennent le mouvement à bras le corps. Leurs trajectoires sont comme une incarnation d’un univers sonore qui vogue entre lyrisme et futurisme. 

Danse et musique sont comme des vagues qui fluent et refluent, des jets d’énergie qui strient l’espace. 
Il y a quelque chose d’hallucinatoire dans ce quatuor, comme s’il s’agissait du rituel d’une communauté de notre temps.