Pour Yuval Pick, la danse est avant tout une manière d’être au monde « Je ne danse pas que pour le plaisir mais pour pouvoir me connecter autrement au monde. Ma danse est animée par des choses instinctives, incarnées. À travers elle, je tente de préserver quelque chose d’essentiel ».

Très engagée dans le geste, sa qualité, son rythme, son inscription dans l’espace – dépourvue de toute narrativité, la danse de Yuval Pick ne se résume pas à un pur exercice formel. Ses chorégraphies sont des traversées éprouvantes faites de ruptures et de reprises, sans cesse en train de reconstituer un équilibre en mouvement. Elles sont empreintes d’une expressivité qui repose pour beaucoup sur la présence de ses interprètes, leur incarnation engagée. Chaque pièce porte l’effort plus loin pour atteindre ce point où les forces se raréfient, où les corps sont dévolus entièrement à leur tâche. Obtenir des danseurs un engagement et un abandon total au propos et à la danse.

Pour cette nouvelle pièce, Yuval Pick s’est intéressé à l’être ensemble. Thème souvent traité mais qui prend une acuité particulière en ces périodes troublées d’individualisme exacerbé. « J’entends autour de moi beaucoup de discours qui dénoncent. Cela peut avoir son utilité mais je ressens aujourd’hui la nécessité de proposer autre chose pour pouvoir continuer à être là. Sans naïveté et sans désespoir. En résistance. Je voudrais que cette pièce soit comme un diamant brut dont émane une lumière ».
Maxime Fleuriot