En résidence du 7 au 22 novembre 2013

De quelle bataille s’agit-il d’imaginer le synopsis ?
Les pistes sont nombreuses, tant les créations d’Etienne Guilloteau murissent durant un patient travail de lectures, de recherches et d’expérimentations. La toile de Cy Twombly, à laquelle le chorégraphe emprunte son titre, nous donne peu d’indices. Carte mentale d’une guerre intérieure, équation impossible défiant un savant toute une vie, représentation chaotique d’une stratégie militaire ? Peut-être la bataille en question n’a-t-elle ni début, ni fin, ni acteurs identifiés... sinon les artistes et les penseurs qui résistent depuis toujours à la vacuité. 
Pourraient y avoir participé Socrate, dans ses dialogues avec Platon, Erik Satie, s’en inspirant pour créer un drame symphonique portant le nom du philosophe, John Cage et Merce Cunningham qui, se voyant refuser le droit d’utiliser l’oeuvre de Satie, la caressèrent sans l’embrasser. Une bataille en ricochets et relais innombrables dont la richesse et la complexité n’encombrent pas le plateau mais constituent plutôt un environnement, qu’il n’est pas nécessaire de déchiffrer. Deux danseurs s’y rencontrent, Etienne Guilloteau et Claire Croizé, complices en dialogue ou bien adversaires, dont la présence simultanée nous parle d’amour, forcément, mais sans le figurer. D’amour, car c’est avant tout le synopsis d’un opéra que le chorégraphe veut présenter. 
Avec le musicien Alain Franco, il invente une partition composite, empruntant à la musique du vingtième siècle, mais aussi sans doute à la philosophie et à la poésie.

— Etienne Guilloteau
Originaire de Poitiers, Etienne Guilloteau se forme à l’école d’Anne Teresa de Keersmaeker, PARTS, puis fonde à Bruxelles le collectif Action scénique, aux côtés de Claire Croizé et Nada Gambier. 
Il manifeste dans son travail une attention particulière aux relations entre danse, lumière et musique, recourant notamment à la musique du 20ème siècle, de Claude Debussy à Pierre Boulez en passant par John Cage et Erik Satie.