En résidence du 1er au 5 octobre 2013

On célébrera en 2013 les cent ans du Sacre du printemps. Si la musique de Stravinsky subsiste, la chorégraphie de Nijinski, elle, a totalement disparu puisqu’elle ne fut ni enregistrée ni notée. Il existe pourtant aujourd’hui plus de deux cents versions chorégraphiques du Sacre. Dominique Brun part de cette contradiction – disparition de l’oeuvre et prolifération de ses versions – et s’en saisit pour y puiser une étonnante vitalité créatrice, entre version et reconstitution. Car Sacre #197 est bien ici une création (la 197ème version ?) qui, d’une part, emprunte son matériel d’écriture à la reconstitution historique du film Chanel & Stravinsky de Jan Kounen, qu’elle effectua en 2010 et d’autre part, invite six danseurs-interprètes à inventer un solo à partir d’une série de dessins de l’époque du Sacre. Dominique Brun compose des danses susceptibles de les réunir tous, en s’inspirant du Faune et des archives qui nous restent du Sacre. La pièce propose également une redécouverte complète de la musique de Stravinsky, dans une composition nouvelle du musicien Juan Pablo Carreño, chantée sur scène par une interprète mezzo-soprano, sur fond de musique électronique.

Le Sacre du printemps est une des chorégraphies les plus célèbres de l’histoire de la danse, créée en 1913 au Théâtre des Champs-Elysées par le trio Vaslav Nijinski (pour la chorégraphie), Igor Stravinsky (pour la musique) et Nicolas Roerich (pour le livret, les costumes et les décors). La pièce, qui narre le sacrifice par une communauté de l’un des siens, a inspiré nombre de chorégraphes, donnant lieu à plus de 200 versions dans le monde. Paradoxalement, nous ne savons presque rien de la chorégraphie originelle dont ne subsistent que quelques traces picturales (principalement les dessins et pastels de Valentine Gross-Hugo).

Dominique Brun s’intéresse dans Sacre #197 à la partie finale du Sacre dans laquelle « l’Élue » se sacrifie pour sa communauté en dansant jusqu’à la mort. La chorégraphie prend appui sur 14 dessins d’époque de Valentine Gross-Hugo, véritables instantanés chorégraphiques figés. La pièce sera interprétée par 6 remarquables danseurs et la musique, partition pour voix seule créée pour l’occasion par Juan Pablo Carreño à partir de celle de Stravinsky, sera interprétée par une chanteuse mezzo-soprano, Isabel Soccoja.

—Dominique brun
Danseuse, chorégraphe et notatrice Laban, Dominique Brun a tour à tour cofondé La Salamandre, le Quatuor Albrecht Knust, puis l’association Ligne de Sorcière en 2003. Son travail s’axe notamment sur la relecture des oeuvres fondatrices de la modernité. En 2008, elle entreprend la reconstitution partielle du Sacre de Nijinski, à la demande du réalisateur Jan Kounen, pour son film Chanel & Stravinsky. Elle poursuit en recréant L’Après-midi d’un faune pour le spectacle Faune(s) d’Olivier Dubois en 2008, puis monte S_F/Sacre_Fac-similé avec les étudiants du CNDC d’Angers en 2011. Après Sacre #197, elle prépare pour 2013 une reconstitution historique du Sacre du Printemps selon Nijinski.