En résidence du 21 mai au 7 juin 2013

« En 2004, j'assiste à Istanbul à un spectacle dont j'ai oublié le nom. À quelques minutes de la fin, surgit comme de nulle part, une bande d'hommes qui entame aussitôt une danse folklorique très courte et disparaît. Quelque chose de fort éclate en moi, je suis médusé. Une émotion profonde, presque archaïque m'envahit. Cette sensation est restée depuis ancrée en moi. 
Le point de départ de ce nouveau projet est cette réminiscence ou plus exactement partir à la recherche de ce que ce souvenir a déposé en moi. Il s'agirait de remonter le cours de ma mémoire pour lui inventer des chemins imaginaires tant abstraits que possiblement fictionnels. 
Il est donc aussi question de temps, de digression entre l'effort de mémoire, la projection au futur et sa mise au présent. Je n'éprouve pas d'intérêt à vouloir remonter une danse préexistante dans sa globalité, mais plutôt de comprendre pourquoi j'ai éprouvé une telle empathie pour cette forme dansée et comment cet impact est encore aujourd'hui une source désirante. 
L'observation factuelle et décontextualisée des mouvements, souvent similaires entre ces danses, m'offre le terrain idéal pour questionner les notions de communauté, transe, répétition, minimalisme…»  
Christian Rizzo, avril 2012 


— Christian Rizzo
Passé par la mode, la musique et les arts plastiques, Christian Rizzo a été interprète pour de nombreux chorégraphes contemporains (Mathilde Monnier, Hervé Robbe, Mark Tompkins, Vera Mantero, Georges Appaix) avant de fonder en 1996 sa propre structure, l'association fragile. 
À travers de multiples projets – spectacles mais aussi installations d'art contemporain, performances, expositions – cet artiste éclectique s'est affirmé comme l'un des chorégraphes les plus singuliers de sa génération, déployant un univers fantasmagorique sans équivalent sur la scène contemporaine. 
Parmi ses dernières créations, on peut citer mon amour (2008), comment dire «ici » ? (2008), l’oubli, toucher du bois (2010), Tourcoing – Taipei – Tokyo (2011), le bénéfice du doute (2012), sakinan göze çöp batar (2012) et néo-fiction (2012). Il a également mis en scène quatre opéras pour le Théâtre du Capitole à Toulouse : Erwartung et Pierrot lunaire d'Arnold Schoënberg, La Voix humaine de Francis Poulenc (en 2010) et Tannhäuser de Richard Wagner (en 2012). 
En 2013, Christian Rizzo créera également de quoi tenir jusqu’à l’ombre une pièce pour la compagnie de lʼOiseau Mouche – Roubaix.