En résidence du 25 février au 8 mars 2013

Telles une façade de corps, quatre femmes s’imposent sur le devant de la scène. L’enchaînement qu’elles exécutent est une synthèse de mouvements propres à chacune, breakeuses* et poppeuses*. 
Cette dansemodèle, homogène au départ, est interrompue par d’importantes digressions qui projettent les danseuses dans un espace libre. Occupation de surfaces vierges, trajectoires empêchées ou déviées, croisements et échanges rapides, partage d’espaces restreints : les corps se confrontent, définissant ainsi les postures et positions respectives qui viendront influencer la chorégraphie commune, point de retraite et de ralliement de leur pensée collective.
Autarcie (....) est inspiré du jeu du chat, où certains espaces sont définis comme des « maisons » inviolables. Les danseuses, dès lors qu’elles rejoignent leur place dans la chorégraphie frontale, sont protégées de tout hasard et de tout effort de communication. Hors de leur base, elles s’ouvrent à toutes les éventualités.
Parmi les 4 danseuses, 2 sont des breakeuses, et les 2 autres sont des poppeuses. Lorsque des duos prendront forme, ils tendront vers la symbiose entre les danseuses de même technique, tandis qu’ils joueront sur les contrastes et la répulsion entre les danseuses de techniques différentes.

* Break : danse hip-hop acrobatique au sol.
* Popping : spécialité de danse hip-hop, basée sur les contractions et isolations musculaires, les dissociations, le travail des lignes et des formes brisées, et les états de corps.


— Née à Paris en 1978, Anne Nguyen est une habituée du monde des battles hip-hop. Après avoir été interprète pour des compagnies hip-hop et contemporaines (Black Blanc Beur, Faustin Linyekula, Salia Nï Seydou…), elle fonde en 2005 la compagnie par Terre avec laquelle elle signe plusieurs spectacles dont Racine Carrée (2007), Keep it Funky ! (2007), L’Esprit Souterrain (2008), Yonder Woman (2010) et PROMENADE OBLIGATOIRE (2012). 
Son travail mêle les outils de la danse contemporaine à la gestuelle hip-hop qu’elle mâtine de littérature ou d’arts martiaux (capoeira, jiu-jitsu brésilien). Singulière, sa danse s’affranchit de tout style repérable.
Anne Nguyen parvient ainsi à sortir le hip-hop du schéma narratif dans lequel il est parfois lourdement enfermé. En en reprenant l’énergie, l’investissement physique et acrobatique, elle développe un rapport géométrique au mouvement et à l’espace qui amène sa danse vers des territoires abstraits.