Acta est Fabula

"La notion du collectif est la préoccupation principale de mon travail, comment il se fabrique, comment chacun interagit avec lui, quel espace commun il définit. Etant né à l'étranger et vivant en France, je prête une attention particulière à la notion d’appartenance à un lieu, à un groupe humain. En France, je suis très intrigué par l’absence de symboles partagés par tous, parce que je sais le besoin fondamental que nous avons, en tant que créatures sociales, de symboles autour desquels se rassembler. Est-ce qu’il en existe encore ? Est-il possible d’en réinventer ?   Pour cette pièce, j’ai envie, avec les cinq danseurs de ma compagnie, de créer quelque chose qui nous fédère, dans un espace donné, à notre échelle, à partir des singularités de chacun.   Le processus entremêle deux dynamiques qui convergent : l’une sonore qui prend sa source dans la mémoire collective, l’autre chorégraphique qui s’appuie sur une recherche de mouvement autour de la figure du corps, et de la ligne que je conçois comme une forme archaïque. Ce qui m’intéresse ici c’est de travailler avec des sons, des voix, des chansons, qui ont laissé une trace en nous et qui nous rattachent à quelque chose de collectif. Nous rassemblons des matières sonores, procédant par emprunts, nous les agglomérons, les recréons, les déplaçons sur la scène. Le dispositif sonore structure l’espace par différents objets de diffusion. J’ai envie d’expérimenter la transformation de la voix humaine et des rythmes pour créer quelque chose qui nous dépasse. En s’inspirant de notre pratique quotidienne de danseurs, la pièce est une forme de manifeste émanant des interprètes qui aborde l’ensemble par le travail sur l’unisson. Cet unisson, j’ai envie de le traiter comme un phénomène organique, pas comme un procédé donné d’emblée, mais au contraire comme le point de convergence des énergies et des parcours singuliers. À mes yeux, l’unisson ne doit pas amener les individus à être un, mais à faire un."  
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Yuval Pick, avril 2018


Retrouvez l'interview de Yuval Pick sur cette création :
https://www.theatre-chaillot.fr/fr/saison-2017-2018/acta-est-fabula



Flowers Crack Concrete

Origines du projet
Flowers crack concrete, la pièce de projet Passerelles 2018 est né de la volonté de faire se rapprocher des jeunes de nationalités, de religions, de cultures et de pays différents, qui partagent tous une même passion, la danse. Les jeunes français de Rillieux-la-Pape,
du groupe Danser Sans Frontières, et les jeunes israéliens et palestiniens, du groupe Gsharim / Jusour, se sont réunis pour réaliser ensemble une création chorégraphique sous la direction de Yuval Pick, chorégraphe et directeur du Centre Chorégraphique National de Rillieux-la-Pape. Le projet 
Passerelles a débuté en février 2018 en France et en Israël, et a trouvé son accomplissement à Haïfa en Israël en juillet et à Lyon en septembre 2018 lors de la présentation de la création de la pièce dans le cadre de la 18ème Biennale de la Danse et des Journées européennes du patrimoine. Ce projet faisait partie de la saison croisée France-Israël 2018. 
Depuis, nous avons décidé de poursuivre ce projet en le transmettant à d’autres individus, de tout âge, de toute origine et horizon, pratiquant ou non la danse.